Accord de transparence pour la science
Usage des animaux en recherche: le Canada entre dans l'ère de la transparence
L’utilisation d’animaux dans la recherche scientifique, une question fort délicate s’il en est, fera désormais l’objet d’une plus grande transparence au Canada.
De nombreuses organisations canadiennes de recherche scientifique, dont plusieurs au Québec, annoncent avoir signé un accord sur une communication ouverte et proactive concernant la science utilisant des animaux.
En signant l’Accord de transparence pour la science faisant appel à des animaux au Canada, 18 organisations s’engagent notamment à dévoiler la façon dont les animaux sont utilisés dans leurs recherches et les raisons pour lesquelles elles les utilisent.
Les signataires sont des universités, des centres de recherche en santé, des instituts scientifiques, des entreprises et des associations. Parmi celles-ci on retrouve l’Association canadienne de la médecine des animaux de laboratoire, l’Association canadienne des médecins vétérinaires, les centres de recherche du CHUM et du CUSM, l’Institut national de la recherche scientifique (INRS), les universités de Montréal et de Laval.
Quatre engagements
Cet accord implique en fait quatre engagements de base, soit: d’indiquer clairement quand, comment et pourquoi ils utilisent des animaux; d’améliorer leurs communications avec le public et les médias concernant leur utilisation d'animaux; d’offrir au public des informations plus larges sur l’utilisation des animaux en science, sur le système national de surveillance (le Conseil canadien de protection des animaux (CCPA)) et sur les normes canadiennes; et enfin, de rendre des comptes annuellement sur leurs progrès.
La présidente sortante de l’Association canadienne de la médecine des animaux de laboratoire et déléguée canadienne au conseil d’administration de l’European Animal Research Association, Lucie Côté, a déclaré par voie de communiqué que l’accord «représente une avancée majeure pour la transparence en science au Canada. (…) Il reflète notre responsabilité commune d’être transparents, d’expliquer le rôle des animaux en science et de renforcer la confiance du public grâce à l’ouverture et aux données factuelles. En expliquant clairement pourquoi et comment les animaux sont utilisés, ainsi que les soins qui leur sont prodigués, nous pouvons favoriser la compréhension et la confiance du public. La science doit guider cette conversation, et nous avons la responsabilité de la mener de manière ouverte.»
Kirk Leech, directeur général de l’European Animal Research Association, a pour sa part salué l’adhésion du Canada au mouvement mondial en faveur de la transparence, qu’il a qualifié d’historique, après de multiples signatures européennes: «La signature d’aujourd’hui représente l’expansion la plus importante de ce mouvement à ce jour, intégrant pleinement l’une des principales nations scientifiques au monde.»
L’European Animal Research Association reconnaît que «la recherche sur les animaux est un sujet sensible et complexe qui suscite souvent de fortes émotions et peut donner lieu à des débats animés au sein de la société, des médias et du milieu politique. Cela rend d’autant plus important pour la communauté scientifique de jouer un rôle actif dans ces discussions en partageant des informations claires et exactes, ainsi qu’un contexte pertinent sur l’utilisation des animaux en recherche.»
Pierre Saint-Arnaud, La Presse Canadienne
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