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Fonds étudiant pour la défense juridique des animaux

Un groupe d'étudiants en droit engagés pour le bien-être des animaux

Un groupe d'étudiants en droit engagés pour le bien-être des animaux
Photo: La Presse Canadienne

Lancer une pétition et récolter plus de 4000 signatures en moins de trois mois, pour ensuite faire plier une grande chaîne de magasins: voilà l'exploit réussi par des étudiants en droit de l'Université de Montréal, qui militent pour le bien-être des animaux.

Fondé en 2012, le Fonds étudiant pour la défense juridique des animaux (FEJDA) de l'Université de Montréal milite pour protéger les animaux et pour faire reconnaître leurs droits au sein de la société par le biais de conférences ou d'activités. Composé de bénévoles étudiants au baccalauréat en droit de l'Université de Montréal, le FEDJA est financé notamment par l'organisme Animal Justice.

D'abord un organe destiné à sensibiliser la communauté universitaire, le FEDJA est sorti du campus en début d'année alors que ses membres ont lancé leur toute première campagne pour lutter contre le piégeage, qu'il soit récréatif ou commercial.

La mésaventure d'un des professeurs de la faculté, Me Frédéric Bérard, qui est passé tout près de perdre son chien après que celui-ci se fut coincé le museau dans une trappe, a été la bougie d'allumage de l'initiative, a indiqué en entrevue la présidente du FEDJA, Ariane Goupil.

Selon des chiffres de l'Association des vétérinaires américains, 67 % des animaux piégés n'étaient pas la proie visée par la personne qui a installé un piège. Un phénomène qui se produit aussi au Québec et que le FEDJA documente notamment grâce à des reportages de médias qui font état d'animaux domestiques qui se retrouvent en bien mauvaise posture.

Constatant que la vente de pièges n'est pas encadrée, le regroupement a entamé un boycottage des détaillants qui en offrent en vente libre. Une pétition enjoignant ces magasins à grande surface de cesser de vendre des pièges, dans l'attente d'une loi qui interdirait leur utilisation sur le territoire de la province, a aussi permis de récolter plus de 4000 signatures. 

Résultat, la chaîne SAIL a banni les pièges et les trappes de son inventaire depuis le 28 février dernier. Un autre détaillant a plutôt choisi de bloquer les communications du FEDJA, relate Mme Goupil, «signe qu'on les a dérangés».

«On a ciblé des gros détaillants en se disant qu'ils vendent tellement d'autres choses que de retirer les pièges n'aurait pas un gros impact sur leurs affaires», souligne la présidente du comité. 

Celui-ci n'écarte toutefois pas l'idée d'étendre son mouvement de boycottage à de plus petites boutiques de chasse et pêche ni de porter sa pétition à l'Assemblée nationale.

«On y va par étapes, par petites victoires pour faire passer notre message que le piégeage est une pratique archaïque et désuète qui n'a plus sa raison d'être au Québec», souligne Mme Goupil.

Dans le monde, déjà 88 pays ont interdit les pièces à «mâchoires», mentionne la finissante en droit.

Divers enjeux

Que ce soit en lien avec l'agriculture, la captivité en jardin zoologique, la protection des espèces fauniques, la cruauté animale, l'accès au logement ou la promotion du végétarisme et du véganisme, le FEDJA s'intéresse à toutes les facettes du bien-être animalier, indique Mme Goupil.

L'organisme s'est récemment positionné en soutien du Sanctuaire pour animaux de ferme de l'Estrie (SAFE), poursuivi par le ministère de l'Agriculture, des Pêcheries et de l'Alimentation du Québec (MAPAQ) pour son refus d'étiqueter les oreilles de ses animaux destinés à une retraite paisible.

«L'étiquetage est une façon d'assurer la traçabilité de la viande. Ces animaux-là ne sont pas destinés à être abattus et à finir dans une assiette», nuance Mme Goupil. 

Plutôt que de leur percer une oreille, une procédure jugée «invasive», le FEDJA milite pour le micropuçage des animaux de ferme qui ne sont pas destinés au cycle de la consommation alimentaire.

Le regroupement suivra aussi attentivement l'avancement du projet de loi canadien visant à interdire les tests cosmétiques sur les animaux.

Pour l'amour des animaux

Ailleurs dans la province, d'autres regroupements étudiants adoptent une position antispéciste, c'est-à-dire qui considère que l'humain est sur un pied d'égalité avec toutes les autres espèces animales, et qu'ainsi, il ne devrait pas chercher à les dominer outre mesure. 

L'Université de Sherbrooke dispose d'un comité du droit animalier. Formé actuellement de six étudiantes en droit, ses activités se concentrent surtout sur la sensibilisation et l'éducation populaire sur le bien-être animal. Des conférences diffusées sur Facebook, où des liens d'actualité et des pétitions sont aussi partagés, de même que des ateliers de zoothérapie ont déjà été offerts au grand public.

Ses bénévoles donnent aussi de leur temps dans différents refuges et organismes œuvrant auprès des animaux, surtout par amour. «On en arrive à la conclusion qu'ils ne peuvent pas se défendre eux-mêmes, alors c'est un peu notre travail de le faire et une des manières de le faire c'est de s'impliquer dans la promotion du droit animalier», explique la présidente du comité de droit animalier de l'Université de Sherbrooke, Sofiane Poirier.

Le changement de statut des animaux, passés de biens meubles à des êtres vivants «dotés de sensibilité», en vertu d'une loi adoptée en 2015, a grandement fait avancer la cause, souligne l'étudiante en droit, mais le tout est encore méconnu d'une grande partie de la population. 

Des étudiants de l'Université de Montréal ont de leur côté adhéré à la Société pour l'antispécisme, le véganisme et l'écologie (S.A.V.E.). Son objectif est également de faire valoir la cause animale auprès de la communauté universitaire par le partage d'informations, a expliqué l'un de ses administrateurs, Tommy Varin-Marion.

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Cette dépêche a été rédigée avec l'aide financière de la Bourse de Meta et de La Presse Canadienne pour les nouvelles.

Marie-Ève Martel, La Presse Canadienne

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