Une annonce saluée par l'UPA
Québec donnera une aide financière aux agriculteurs qui veulent devenir plus écolos
Les agriculteurs québécois qui souhaitent réduire leur empreinte écologique pourront recevoir une aide gouvernementale allant jusqu’à 50 000 $, a annoncé mardi le ministre de l’Agriculture, André Lamontagne.
Les participants au programme bénéficieront aussi d’un «accompagnement personnalisé» afin de les aider à atteindre leur but.
Pour ce faire, Québec a réservé un montant de 14 millions $ par année sur cinq ans à même l’enveloppe de 125 millions $ déjà assignée au Plan d’agriculture durable 2020−2030, a précisé le ministre en conférence de presse virtuelle.
Les participants pourront choisir eux−mêmes quelles mesures ils veulent mettre en place, a−t−il indiqué. Ce pourrait être par exemple des bandes riveraines protégées afin d’«améliorer la biodiversité», la «rotation des cultures» pour contrer l’appauvrissement des sols ou la réduction de l’usage des herbicides.
Les producteurs intéressés auront du 7 mars au 30 avril pour s’inscrire sur le site internet de la Financière agricole du Québec. Après avoir signé un contrat avec l’organisme, ils recevront immédiatement 40 % du montant. Ensuite, 20 % seront versés chaque année pendant trois ans. Les agriculteurs devront rendre des comptes sur l’avancement des travaux une fois par an.
Joie chez les agriculteurs
L’Union des producteurs agricoles (UPA) a salué l’annonce.
«Les agriculteurs ont toujours été des acteurs de changement», a soutenu le président de l’UPA, Martin Caron, durant la conférence de presse. Mais auparavant, ceux−ci devaient «assumer seuls l’évolution de leurs pratiques», ce qui implique «des coûts difficiles à transférer au marché» et des risques économiques.
S’il voit cela comme un «bon pas dans la nouvelle direction», il pense tout de même que «le soutien devrait être bonifié de façon importante» si l’on espère combattre les changements climatiques. «L’aide devrait aussi être pérennisée», a−t−il dit.
«Ça faisait longtemps qu’on l’attendait, s’est réjoui Paul Caplette, un producteur de la Montérégie. Comme agriculteurs, nous sommes formés, nous sommes conscients, nous avons de l’accompagnement, et maintenant nous allons avoir du soutien financier pour nous aider à aller plus loin.»
Ce propriétaire d’une ferme de plus de 350 hectares de culture a souligné que de nombreux agriculteurs n’attendaient que ça pour se lancer. Rendre ses champs plus écologiques est aussi rentable, a−t−il fait valoir, car cela permet de conserver la richesse des sols et peut même «diminuer nos intrants de carburant de 50 %».
«Après que des agriculteurs le font et réalisent des gains, souvent on se fait dire: "j’aurais dû le faire cinq ans, 10, 20 ans avant"», a−t−il raconté.
Il a aussi soutenu que les producteurs agricoles sont très conscients des enjeux climatiques, puisque «nous avons des petits−enfants, nous avons des familles».
«Je suis un citoyen, je suis préoccupé par l’environnement comme tous les gens autour de moi, a−t−il rappelé. Je veux nourrir nos gens avec le moins d’effets secondaires possible.»
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Cet article a été produit avec le soutien financier des Bourses Facebook et La Presse Canadienne pour les nouvelles.
Clara Descurninges, La Presse Canadienne
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