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La visibilité et les manœuvres du pilote mis en cause

TROIS-RIVIÈRES - 

«L’illusion du trou noir» serait la cause de l’écrasement d’avion qui a coûté la vie aux Trifluviens Yannick Fournier, Michel Nadeau et Bernard Mailloux, le 16 octobre 2012, à Pickle Lake, en Ontario. C’est ce que conclut le Bureau de la sécurité des transports (BST) dans son rapport d’enquête, rendu public jeudi.

L’obscurité et le manque de repères visuels auraient fait croire au pilote et commandant de bord, Michel Nadeau, que l’appareil se trouvait à une altitude plus élevée que celle à laquelle il se trouvait réellement, un phénomène que qualifie le BST de «perte de conscience de la situation».

«Ce n’est pas fréquent, mais ça arrive, surtout la nuit et dans les nuages. Ça peut aussi arriver de jour. Mais c’est une chaîne d’événements qui font en sorte qu’il est probable que le pilote ait eu un effet de trou noir et qui ont mené à l’accident», résume Yanick Sarazin, gestionnaire des normes et performances au BST.

Le premier de ces événements est un bris mécanique constaté à l’aéroport de The Pas, au Manitoba, ce qui a retardé l’arrivée de l’aéronef d’une heure à Pickle Lake. Ce retard a fait en sorte qu’au moment de se poser en Ontario, le soleil était couché depuis déjà une demi-heure.

Visibilité réduite

Le BST souligne aussi que malgré la noirceur, le pilote aurait réglé les feux de piste à basse intensité, ce qui ne lui permettait pas de bien voir la piste d’atterrissage. Son champ de vision aurait également été obstrué en partie par le second pilote et par la manette des gaz de l’avion pendant son dernier virage avant d’atterrir. Le BST ne considère toutefois pas que cette caractéristique, présente sur d’autres modèles d’avions, pose problème.

«Il y a certains fabricants qui ont choisi de mettre la manette là. Le Twin Otter, qui vole depuis des années dans le Nord du Canada, a aussi cette configuration. Ça n’a pas fait partie de l’enquête puisque c’est un petit maillon de la chaîne d’événements», indique M. Sarazin.

Le BST soupçonne finalement qu’un voyant indiquant la sortie des trains d’atterrissage se serait allumé dans la cabine et aurait aveuglé momentanément les pilotes.

Descente trop rapide

L’aéronef occupé par Michel Nadeau, Bernard Mailloux, ainsi que Yannick et Jean Fournier, volait beaucoup trop haut au moment d’approcher la piste d’atterrissage. Cette altitude trop élevée aurait poussé le pilote à la diminuer six fois plus rapidement que la normale, ce qui aurait compromis la stabilité de l’appareil.

Le BST n’émet toutefois aucune recommandation particulière dans son rapport d’enquête, se contentant de rappeler les causes les plus fréquentes d’accidents sans perte de contrôle et des procédures pour les éviter.

Il a été impossible de rejoindre Jean Fournier, seul survivant de l’écrasement, et Nicole Nadeau, veuve de Michel Nadeau et copropriétaire de Nadeau Air Services.

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