Des automobilistes irresponsables, un père inquiet
Chaque soir, Éric Girardeau fait le pied de grue devant sa maison pour accueillir son fils qui rentre de l’école. Et chaque fois, il se demande si c’est la dernière fois.
Éric Girardeau, un résident du Cap-de-la-Madeleine, est indigné. Plusieurs automobilistes omettent d’immobiliser leur véhicule lorsque l’autobus allume ses clignotants pour déposer Tom, son fils de 11 ans. Depuis quelques mois, il se fait une tâche quotidienne de filmer les contrevenants à l’aide de son téléphone cellulaire. Il en a d’ailleurs capté des dizaines depuis la rentrée scolaire.
«La première personne qui m’a manifesté ce danger, ça a été mon fils. L’autobus venait de le klaxonner pour ne pas qu’il traverse la rue, car un automobiliste s’en venait», raconte M. Girardeau.
Lorsque cette situation s’est reproduite, Tom a demandé à son père de se rendre au poste de police pour y déposer une plainte. Il avait peur pour sa vie. Les policiers lui ont toutefois expliqué que depuis la fusion municipale les services avaient été réduits et il était plus difficile pour eux de faire de la surveillance routière.
«Quand j’appelle les policiers et je leur donne un numéro de plaque, ils me disent qu’ils ne peuvent pas arrêter le conducteur parce qu’ils ne l’ont pas vu», ajoute M. Girardeau.
À la suite de plusieurs évènements du genre, la chauffeuse d’autobus de Tom, Frédérique Gagné, a décidé de modifier son itinéraire pour assurer la sécurité de son passager. Elle effectue un demi-tour chaque jour pour déposer le jeune homme et elle exécute la même manœuvre pour reprendre sa route.
«J’organise toujours mon parcours pour prendre l’élève du bon côté de la rue, dit-elle. À plusieurs reprises j’ai constaté que des automobilistes ne s’arrêtent pas.»
Elle a beau les klaxonner, les conducteurs semblent dans leur bulle et lorsqu’ils réalisent leur infraction, ils poursuivent leur route quand même.
Une loi sévère
Malgré ce changement, Tom a tout le temps peur qu’un automobiliste ne respecte pas la loi et qu’un de ses confrères ou lui soit heurté.
«Ce n’est pas seulement pour la sécurité de mon fils, mais celle des autres aussi. Si ça arrive ici, c’est sûr que ça se produit ailleurs dans les autres quartiers de la ville», renchérit son père.
Régulièrement, des chauffeurs de Bell-Horizon confient à leurs supérieurs l’imprudence des automobilistes lorsqu’ils sont à proximité d’un autobus scolaire.
«C’est carrément de l’insouciance de la part de certains conducteurs. Que ça soit dans les deux sens, en croisement d’un autobus ou quand on la suit, on doit s’arrêter lorsque les clignotants sont en marche. Il faut penser à la vie des enfants qui peuvent être frappés par un véhicule qui n’obéit pas à ces signaux», affirme le directeur de la réglementation de Bell-Horizon, Jean O’Bomsawin.
L’article 460 du Code de la sécurité routière est pourtant sévère. Quelqu’un qui ne respecte pas cette loi se voit attribuer une amende de 200$ et neuf points d’inaptitude sur son permis de conduire.
La prévention est vite oubliée
À l’aube de la campagne sur la sécurité en transport écolier, M’as-tu vu?, Éric Girardeau souhaite que les automobilistes prennent conscience des dangers à proximité d’un autobus scolaire.
Pour tous les parents qui, comme lui, sont inquiets par le comportement des usagers de la route, la Sécurité publique de Trois-Rivières les invitent à les contacter.
«Ils peuvent faire une requête au niveau de la Sécurité publique. Si c’est à un endroit où le trafic est fréquent, on va déléguer des policiers pour faire de la surveillance et on va s’assurer que le règlement du Code routier est appliqué», mentionne le capitaine Réjean Vivier.
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