Une étude remet en question le moratoire
Une étude réalisée par l’association des pêcheurs du lac Saint-Pierre démontre qu’il y a encore beaucoup de perchaudes et remet en question la raison d’être du moratoire.
Le dépôt de cette étude en assemblée générale annuelle était fort attendu mercredi soir, à Baie-du-Febvre, alors qu’une cinquantaine de pêcheurs ont constaté noir sur blanc ce qu’ils anticipaient: la perchaude est toujours présente dans le lac St-Pierre.
Rappelons que le gouvernement provincial libéral a décrété un moratoire de cinq ans en mars 2012 sur la pêche à la perchaude au lac St-Pierre en raison de sa baisse constante de population.
Arrivé au pouvoir en septembre dernier, le gouvernement du Parti québécois a maintenu ce moratoire malgré de vives contestations dans le milieu.
«Le feu est pris dans le grenier et on arrose dans la cave! Le ministère joue à l’autruche. On ne prend vraiment pas les bonnes actions. L’étude confirme ce qu’on savait, il y a de la perchaude au lac St-Pierre», s’est indigné le président de l’association Jean Lévesque, mercredi soir.
Dans l’étude d’une dizaine de pages, dont le Journal a obtenu copie, on constate que plus de 400 pêcheurs se sont prêtés au jeu de répertorier leurs prises totales au cours de l’année. En tout, 2 270 perchaudes ont été pêchées, puis remises à l’eau, comparativement à 823 dorés, 101 brochets et 135 lottes.
Qui plus est, les prises en février sont beaucoup plus concluantes pour les perchaudes, alors que 1006 d’entre elles ont été pêchées comparativement à seulement 195 dorés.
Selon les pêcheurs, un «quota de dix par permis» serait la solution, et «il est utopique de penser que le moratoire sur la perchaude est la solution à l’effondrement des stocks», selon ce qu’on peut lire dans l’étude.
Dommages collatéraux
Selon l’étude comparative, «l’achalandage modéré en février s’avère insuffisant pour assurer une rentabilité économique, ce qui provoquera à court terme la fermeture de certaines pourvoiries».
À Pierreville, la pourvoirie Paulhus craint également la fermeture, elle qui a enregistré une baisse de clientèle de 50%. Mario Paulhus, présent à l’assemblée, était heureux de voir cette étude.
«On le savait qu’il y a de la perchaude. Maintenant, c’est écrit, c’est un bon pas en avant. J’espère que ce sera concluant, parce que si le moratoire est maintenu, je ne pourrai pas ouvrir l’an prochain», explique-t-il.
L’étude comparative sera déposée au ministère du Développement durable, de l’Environnement, de la Faune et des Parcs (MDDEFP) ainsi qu’à tous les organismes autour du lac St-Pierre.
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