Du miel à l'usine
Les employés de l’entreprise GL&V Fabrication de Trois-Rivières ont accueilli 600 000 nouvelles collègues la semaine dernière. C’est que l’apiculteur Raphaël Fort a installé 10 ruches sur le toit de l’usine dans l’espoir d’y récolter du miel urbain.
M. Fort n’en est pas à sa première expérience, puisqu’il a fait de même l’année dernière sur le toit de l’édifice Ameau, au centre-ville de Trois-Rivières. Cette fois, le nombre d’abeilles est 10 fois plus grand.
Selon l’apiculteur, installer des ruches en pleine ville améliore la production de miel.
« La température est plus chaude la nuit, et il faut une température moyenne de 25°C pour que la ruche soit efficace. De plus, il n’y a pas de prédateurs naturels, comme des moufettes et des ours. Mais surtout, on y retrouve beaucoup de fleurs, comme des pissenlits, ou encore des pommiers. Il y a amplement de floraisons pour faire du miel. »
M. Fort voit d’ailleurs un autre avantage à procéder à la production en zone urbaine, puisque les pesticides y sont inexistants, contrairement au secteur Saint-Louis-de-France, où ses ruches sont normalement situées.
Des employés inquiets
Bien évidemment, la venue de 600 000 abeilles sur le toit de l’usine a fait craindre le pire à plusieurs employés. D’ailleurs, la première journée, les insectes, visiblement dépaysés par leur nouvelle résidence, en ont inquiété plus d’un. Le directeur qualité et développement durable de l’endroit, Martin Magny, a dû rassurer aux 170 travailleurs.
« J’ai fait exprès de venir dîner dehors avec les employés, lundi, et il n’y avait aucune abeille. Il faut faire la différence avec la guêpe, qui elle, s’attaque plutôt au sucre dans les poubelles et dans les repas. Plusieurs blaguent maintenant que ce sera un miel élevé en fer. »
En effet, les abeilles ne semblent pas agressives. Lors du passage de L’Écho, des centaines bourdonnaient autour de notre journaliste, sans pour autant s’attaquer à lui.
C’est dans une optique de développement durable que l’entreprise spécialisée en usinage de pièces de grosse taille s’est montrée ouverte au projet d’aménager la dizaine de ruches sur le toit de l’usine.
« On trouvait l’idée intéressante et nous pouvons ainsi aider un producteur local. Il ne faut pas oublier que les apiculteurs ont connu des pertes de 35 % pour ce qui est du nombre d’abeilles. De plus, nous importons 75 % de notre miel de la Chine. Je pense que c’est important en tant que bon citoyen corporatif d’aider quelqu’un et de faire un miel à Trois-Rivières », confie M. Magny.
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