Lavage des rues avec de l’eau potable
La Ville de Trois-Rivières admet que de l'eau potable est utilisée pour laver certaines rues, plus particulièrement à l'ouest de la rivière Saint-Maurice.
Alors que les citoyens sont appelés à économiser l’eau et que les réserves souterraines du secteur est sont réputées précaires, une bonne part des rues de la ville de Trois-Rivières sont lavées avec de l’eau potable.
Lors de la dernière assemblée du conseil municipal, un citoyen du secteur Cap-de-la-Madeleine, Pierre Beaudoin, a dénoncé à cor et à cri avoir vu un camion-citerne s’approvisionner à même une borne fontaine. « Vous nous dîtes d’économiser l’eau et ensuite on se rend compte que l’eau potable sert à laver les rues, a-t-il signalé. Voulez-vous rire de nous autres ? »
M. Beaudoin a par ailleurs souligné que les camions citernes chargés d’asperger de l’eau pour laver les chaussées étaient pour la plupart munis de pompes. « Pourquoi ne s’approvisionnent-ils pas dans la rivière ou dans le fleuve? » a-t-il demandé.
Du côté de la Ville, on admet que l’eau potable est utilisée pour laver les rues, surtout à l’ouest de la rivière Saint-Maurice. « Dans le secteur est, il y a un endroit où les camions s’approvisionnent directement dans la rivière, explique le porte-parole de la Ville, Yvan Toutant. À l’ouest de la rivière, c’est un peu plus compliqué pour les entrepreneurs. »
La question du citoyen Pierre Beaudoin a fait son chemin jusqu’aux personnes concernées, assure toutefois M. Toutant. « Il a été convenu de rencontrer les entrepreneurs pour trouver une solution. »
Avec la Stratégie québécoise d’économie d’eau potable, qui oblige les villes à réduire de 20% la quantité distribuée moyenne d’eau potable par personne à l’horizon 2017, la Municipalité est bien consciente qu’elle doit être la première à montrer l’exemple, acquiesce M. Toutant.
Lors du nettoyage des rues, qui s’effectue tous les printemps, les différents secteurs de la Ville sont donnés par appel d’offres à des entrepreneurs. « On peut comprendre ceux qui opèrent dans le secteur ouest de ne pas envoyer leurs camions jusque dans le secteur Cap-de-la-Madeleine pour remplir leurs citernes. On regarde avec eux les solutions. Il faut donc trouver une autre façon d’approvisionner les camions. »
Les camions-citernes utilisés pour le lavage des rues peuvent contenir entre 2000 à 4500 gallons d’eau.
461 litres d’eau potable par jour
Répartie sur l’ensemble de la population, la consommation d’eau potable de Trois-Rivières s’élevait à 461 litres par personne par jour en 2011. C’est ce qui ressort du rapport annuel de la gestion de l’eau potable déposé lors de la dernière séance du conseil municipal. En 2006, la moyenne québécoise s’élevait à 795 litres par personne par jour.
Dans ce rapport, envoyé au ministère des Affaires municipale, des Régions et de l’Occupation du territoire, on peut lire que la Ville ne prévoit pas installer de points d’alimentation en eau brute pour le nettoyage des rues, l’arrosage de fleurs ou le remplissage des piscines municipales.
La Municipalité compte toutefois « adopter de bonnes pratiques d’implantation et d’entretien des aménagements paysages afin minimiser l’utilisation d’eau potable ».
Les pertes potentielles au sein du réseau d’aqueduc sont de 9 mètres cubes par kilomètre à tous les jours. La Ville a mis en place un programme de détection et de réparation des fuites en avril. Quotidiennement, ce sont un peu plus de 60 000 mètres cubes d’eau potable qui sont distribués.
En 2011, l’approvisionnement et la distribution de l’eau potable a coûté 14 millions $ à la Ville.
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