Les centres d'aide manquent de ressources
Les maisons d'hébergement pour femmes victimes de violence conjugale débordent. La Séjournelle et Le Far ont un taux d'occupation nettement plus élevé que les places prévues par l'Agence de la Santé et des Services sociaux.
À La Séjournelle cette année, le taux d'occupation a été supérieur à 100%, sauf pour le mois de juillet. C'est donc dire que la maison d'hébergement accueillait plus de femmes et d'enfants que sa capacité.
« On se réorganise. On fait du camping dans le sous-sol avec des matelas pneumatiques. Mais c'est clair qu'on ne refuse personne», assure la directrice de La Séjournelle, Denise Tremblay.
« On ne mettra personne dehors, c'est certain », rassure-t-elle.
Cette suroccupation entraîne des coûts supplémentaires et occasionne des déficits à La Séjournelle. C'est que les subventions de l'Agence de la Santé et des Services sociaux sont octroyées selon les places accordées plutôt que selon l'occupation réelle.
« On a fait une demande l'an dernier à l'Agence pour ajouter une place supplémentaire, mais ç'a été refusé. On va certainement réessayer cette année. Une situation comme celle-là ne peut pas perdurer longtemps », indique Mme Tremblay.
Cette année, les envois de cartes postales pour faire de la prévention ont dû être abandonnés, faute de budget.
« On ne dépensait déjà pas beaucoup. C'est la prévention qui écope. On ne peut pas couper sur l'épicerie et les services », indique la directrice, qui craint l'épuisement des employés dû au manque de ressources.
À la maison Le Far également, certaines femmes ont dû être accompagnées ailleurs par manque de place, selon la directrice Johanne Lemay, qui assure que les femmes en difficulté ne sont pas laissées à elles-mêmes.
Les proches consultent
Par ailleurs, les proches ont de plus en plus recours aux services de consultation de La Séjournelle. Les interventions ont explosé depuis quelques années.
En 2004-2005, la maison a reçu 14 demandes de services de gens qui avaient dépisté la violence conjugale chez une proche. En 2010-2011, ce sont 1781 personnes qui ont consulté.
« Quand on ne sait pas comment aider notre fille, notre sœur, notre amie, on peut nous appeler », conclut Denise Tremblay.
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