L'intimidation: aux yeux de la loi
Souvent banalisée, l'intimidation. Pourtant, les menaces, les coups ou le harcèlement sont des gestes criminels. À Shawinigan, l'organisme de justice alternative Volteface en informe les élèves.
« Plusieurs jeunes qui posent des gestes d'intimidation ne savent pas qu'ils commettent des actes criminels », raconte Emmanuel Blondin, intervenant chez Volteface, un organisme de justice alternative de Shawinigan. Depuis plus de trois ans, M. Blondin parcourt les écoles de la commission scolaire de l'Énergie pour sensibiliser les élèves aux conséquences de l'intimidation et à ses implications légales.
Car selon le Code criminel, l'intimidation est une infraction, explique M. Blondin. « Lorsque il y a intimidation, il est possible de porter plainte. Le plus souvent, on se concentre sur un acte spécifique pour porter des accusations: le propos diffamatoire, la menace ou la voie de fait», précise l'intervenant chez Volteface.
Pour les jeunes trouvés coupables d'intimidation, la Loi sur le système de justice pénale pour les adolescents privilégie une démarche de réparation auprès des personnes victimes. « On essaie autant que possible de recourir à des processus d'échange (médiation), explique Emmanuel Blondin, car cela donne l'occasion d'un échange entre le contrevenant et la victime. Pouvoir discuter et comprendre les préjudices que l'autre a subi, c'est souvent ce qui est le plus riche d'enseignements. »
S'adresser à la justice, c'est toutefois un ultime recours. D'abord et avant tout, Emmanuel Blondin explique qu'il est important de faire appel aux gens qui nous entourent : amis, parents, enseignants, directeurs d'écoles, etc. « Il est important de ne pas s'isoler, car lorsqu'on est victime d'intimidation, il y a de la peur, de l'angoisse, de la honte. Si on attend, la situation empire et alors on est encore plus mal à l'aise d'aller en parler.»
Plan d'action
Volteface, en collaboration avec la commission scolaire de l'Énergie, travaille présentement sur un plan d'intervention en matière d'intimidation qui pourra être mis en œuvre dans les écoles. « Pour l'instant, chaque école à une stratégie qui lui est propre », souligne Emmanuel Blondin.
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