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Veillée et marche commémorative un an après la mort de Nooran Rezayi à Longueuil

Veillée et marche commémorative un an après la mort de Nooran Rezayi à Longueuil
Photo: La Presse Canadienne, 2026

LONGUEUIL — Il a fallu environ 20 minutes au cortège pour parcourir à pied le trajet entre un poste de police de Longueuil et l'endroit où Nooran Rezayi, âgé de 15 ans, a été tué il y a un an.

Lorsque le groupe d’une dizaine de personnes a atteint les lieux, lundi soir, la mère de Nooran Rezayi, Fahima Rezayi, serrait contre elle une petite photo encadrée de son fils et criait: «Justice pour mon fils.»

La foule s’est ensuite tue pour observer une minute de silence à l’endroit où l’adolescent a été tué, le 21 septembre 2025.

Cette veillée visait à marquer une année sans Nooran Rezayi — et une année passée à attendre de savoir si le policier qui a ouvert le feu fera l’objet d'accusations criminelles.

Bon nombre de personnes rassemblées devant le poste de l'arrondissement de Saint-Hubert étaient vêtues de noir. Les conversations étaient feutrées, souvent à peine plus que des murmures, tandis que la famille se tenait groupée avant d’entamer la marche.

Les proches de Nooran Rezayi s’étreignaient de temps à autre et portaient des t-shirts blancs sur lesquels figurait une photo de l’adolescent souriant et levant le pouce, accompagnée de la mention «Justice pour Nooran».

À proximité, plusieurs jeunes se tenaient à l’écart de la foule, portant des masques sur lesquels figuraient des messages réclamant justice.

La sœur de Nooran Rezayi, Frozan Rezayi, a eu du mal à retenir ses larmes. Elle a mentionné que son frère resterait la lumière de leurs cœurs.

Elle s'est souvenue d’un adolescent qui aimait faire rire et sourire les gens, et qui avait encore devant lui des rêves, des projets et de nombreuses années à vivre.

Nooran Rezayi a été tué lors d'une intervention policière. La police répondait alors à un appel au 911 signalant la présence d’un groupe de jeunes prétendument armés.

Le Bureau des enquêtes indépendantes (BEI) a indiqué par la suite que la seule arme à feu saisie sur les lieux appartenait au policier qui a ouvert le feu sur Nooran Rezayi.

Le BEI a remis son rapport d’enquête au Directeur des poursuites criminelles et pénales (DPCP) en mars, qui déterminera s’il y a lieu de porter des accusations.

S’exprimant lors de la veillée, l’avocat de la famille, Fernando Belton, a déclaré que l’absence de réponses, un an après les événements, avait plongé les proches de Nooran Rezayi dans l’incertitude.

Me Belton a expliqué à la foule que les jeunes étaient assis sur un trottoir, leurs téléphones à la main, lorsque la police est arrivée. Selon ce qu'il a raconté, Nooran Rezayi a été touché par des tirs en quelques secondes.

Me Belton a ajouté que la mort de Nooran Rezayi avait amené d’autres jeunes à s’interroger sur leur propre sécurité lors de leurs interactions avec la police. Il a évoqué les parents qui craignent pour leurs enfants lorsqu’ils quittent la maison.

Il a assuré aux proches de Nooran Rezayi que son équipe d’avocats et lui continueraient à chercher des réponses.

— Avec la collaboration d’Erika Morris et de Morgan Lowrie à Montréal

Charlotte Glorieux, La Presse Canadienne