Le chef du NPD fédéral est critiqué pour une déclaration sur Gaza
OTTAWA — Le chef du NDP, Avi Lewis, a assuré qu'il ne tenait pas l'ensemble des Juifs pour responsables des politiques menées par Israël à Gaza, après que certains députés libéraux ont qualifié d'«irresponsables» et de «méprisables» les propos qu'il a tenus dans un message publié sur les réseaux sociaux.
Dimanche soir, M. Lewis a indiqué qu’il célébrerait le «moment le plus solennel du calendrier juif», Yom Kippour, avec une réflexion sur la géopolitique.
«Pour le peuple juif, le personnel a toujours été politique, et le politique a toujours été personnel. Cette année, je réfléchis au fait que nous n’avons pas fait notre part pour arrêter un génocide en cours commis en notre nom», a écrit M. Lewis sur X.
Le message ne mentionnait pas directement la guerre à Gaza, qui a débuté en octobre 2023, lorsque le Hamas a tué 1200 personnes durant une attaque-surprise contre Israël.
Depuis, des dizaines de milliers de Palestiniens ont été tués par des frappes israéliennes qui visent fréquemment des zones civiles, et par les politiques israéliennes qui ont conduit à une famine reconnue internationalement.
Les députés libéraux Anthony Housefather et Ben Carr, tous deux juifs, ont opposé les propos de M. Lewis, affirmant qu’il était erroné de tenir collectivement les Juifs pour responsables des actions d’Israël.
Lorsqu'interrogé quant à savoir s'il jugeait les propos de M. Lewis d'antisémites, M. Carr les a qualifiés de «naïfs».
«C’est une déclaration irresponsable de la part d’un dirigeant», a répondu le député de Winnipeg.
«C’est dangereux et c’est le genre de discours qui contribue en réalité aux menaces que nous voyons actuellement peser sur la communauté juive.»
M. Housefather a écrit sur X que la publication du néo-démocrate était «méprisable».
La définition officielle de l’antisémitisme donnée par le gouvernement fédéral met en garde contre le fait de tenir les Juifs collectivement responsables des actions d’Israël, car cela peut alimenter la haine anti-juive.
Des militants ont établi un lien entre cette notion de responsabilité collective et plusieurs attaques contre des institutions juives, notamment une fusillade survenue dimanche devant une synagogue de Belleville, en Ontario, alors que des fidèles se trouvaient à l’intérieur pour célébrer le début du Yom Kippour.
M. Lewis a publié son message peu avant cet incident, au cours duquel un homme de 29 ans aurait tiré avec une arme à feu sur un policier posté à l’extérieur de la synagogue pour assurer la sécurité, selon l’Unité des enquêtes spéciales.
M. Lewis a condamné cette attaque lundi, d’abord dans un message publié sur X juste avant la séance de questions, puis lorsqu’un journaliste l’a interpellé à ce sujet lors d’un point presse sur la Colline du Parlement.
«C’est terrifiant, a-t-il déclaré. Évidemment, je peux imaginer ce que c’est que d’être dans une synagogue et d’entendre des coups de feu retentir dans un environnement qui m’est si familier. C’est extrêmement effrayant. C’est horrible.»
Lors de ce même point presse, il a déclaré que les critiques à l’encontre de ses propos sur Israël étaient avant tout partisanes.
«C'est assez déplorable de voir ces arguments partisans — dans ce cas précis — utilisés pour marquer des points politiques», a-t-il déclaré.
«Tenir les Juifs collectivement responsables des actions de l’État d’Israël est antisémite. Je ne l’ai jamais fait. Je pense que c’est dangereux et ce n’est absolument pas ce que j’ai fait.
«J’ai parlé en tant que Canadien juif, empli d'une profonde tristesse (…) De nombreux Juifs ont déclaré que nous n’en avions pas fait assez en tant que peuple juif, au sein d’une famille de fois et de communautés à travers le monde.»
Certains — dont l’ancien ambassadeur du Canada en Israël, Jon Allen — affirment que les principaux groupes juifs au Canada donnent la fausse impression de soutenir les actions d’Israël contre les Palestiniens en ne dénonçant pas le gouvernement israélien.
«En ne dénonçant pas ce qui se passe en Cisjordanie et à Gaza, il y a une complicité par le silence», a expliqué M. Allen devant une commission sénatoriale en juin dernier, ajoutant qu’il était lui-même juif.
«L’incapacité, parfois, pour parler franchement, de la communauté juive» à dénoncer les actions du gouvernement israélien «amène les Canadiens à se demander: “Alors, est-ce qu’ils soutiennent tout ce que fait Israël ? Est-ce qu’ils soutiennent ce qui s’est passé à Gaza ?”», a-t-il témoigné.
— Avec des informations fournies par David Baxter
Dylan Robertson, La Presse Canadienne

