L'odeur du nombril pourrait permettre de détecter des pathologies
MONTRÉAL — Les composés organiques volatils (COV) qu'on retrouve dans le nombril, le nez et les oreilles pourraient permettre de dépister différents problèmes médicaux, croient des chercheurs allemands.
L'étude présente ce que les auteurs décrivent comme étant «une nouvelle approche non invasive permettant de distinguer les patients atteints de différentes pathologies».
Des cotons-tiges ont été utilisés pour prélever des échantillons au niveau du nez, du nombril et de l'oreille de six participants en santé et de dix-huit ayant des problèmes de santé, après quoi l'odeur de ces cotons-tiges a soumise à une analyse ultra-sophistiquée en laboratoire.
Cette analyse a permis de distinguer les six participants en santé des six qui étaient atteints, respectivement, de la maladie de Parkinson, de la COVID-19 ou d'une déficience cognitive légère. L'association entre «l'odeur» des COV et ces pathologies a persisté après l'inclusion de possibles facteurs confondants comme les caractéristiques démographiques et les habitudes de vie.
La seule exception a été l'âge, ce qui était anticipé puisque la maladie de Parkinson et le déclin cognitif se retrouvent habituellement chez des patients plus âgés.
«Ces résultats suggèrent que l'analyse des odeurs des cotons-tiges, associée à la spectroscopie photoacoustique par laser infrarouge moyen et à l'analyse multivariée, pourrait constituer une approche prometteuse pour les futures technologies de dépistage non invasives», rapportent les chercheurs allemands.
Les auteurs de l'étude rappellent que le «corps dégage certaines odeurs – provenant du sébum cutané ou de la transpiration – qui constituent des signes précurseurs permettant un diagnostic précoce».
Ils expliquent que les «prélèvements effectués dans la partie antérieure de la cavité nasale, au niveau du nombril et dans la conque de l'oreille sont moins exposés au parfum, au savon et à d'autres facteurs», ce qui fait de ces sites «une source facilement accessible du volatilome des odeurs corporelles humaines».
Les prélèvements effectués dans le nombril et le nez ont été particulièrement efficaces dans le dépistage des pathologies.
Les auteurs admettent toutefois que ces résultats devront être confirmés auprès de cohortes plus volumineuses, puisque leurs travaux n'ont porté que sur une poignée de sujets, et ailleurs que dans des conditions laboratoires soigneusement contrôlées.
Les conclusions de cette étude ont été publiées par Scientific Reports
La Presse Canadienne

