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Jour 26: la question des alliances revient pour une deuxième journée

Jour 26: la question des alliances revient pour une deuxième journée
Photo: La Presse Canadienne, 2026

Les questions entourant de possibles alliances entre les partis advenant un gouvernement minoritaire ont continué de fuser à deux semaines de l'élection.

Au 26e jour de la campagne électorale québécoise, les chefs de parti ont de nouveau été appelés à indiquer avec quelle formation ils seraient prêts à s'associer à l'Assemblée nationale au lendemain du 5 octobre.

Le sujet s'invite dans la course alors que le scénario d'un gouvernement péquiste minoritaire demeure, à l'heure actuelle, le plus probable selon les dernières projections de Qc125. Si cette situation s'avérait, le Parti québécois (PQ) n'aurait pas suffisamment de sièges pour gouverner avec les coudées franches. Il pourrait avoir besoin de l'appui de députés d'autres partis pour faire adopter certains projets.

Celui qui reste en tête des sondages, le chef du PQ, Paul St-Pierre Plamondon, a fermé la porte lundi à toute association. «Pas question de s’allier à qui que ce soit», a-t-il dit, lorsque questionné sur une éventuelle alliance avec les conservateurs.

Après avoir refusé de fermer la porte à l’idée d’un gouvernement de coalition avec les libéraux pour faire barrage à cette alliance, la cheffe de la Coalition avenir Québec (CAQ), Christine Fréchette, a plutôt dit, lundi après-midi, qu'elle ne prévoit aucune alliance, «ni avec les libéraux, ni avec aucun autre parti».

Plus tôt, le chef du Parti libéral du Québec (PLQ), Charles Milliard, n'avait d'ailleurs montré aucune ouverture pour s'allier avec la CAQ.

«Moi, je suis dans cette campagne-là pour remporter les élections. On a un parti qui gaspille, on a un parti qui exagère et on a un parti qui veut se séparer. Je ne m'identifie à aucun des trois. Alors moi, j’y vais 'all in'», a lancé M. Milliard.

Pour sa part, le chef du Parti conservateur du Québec (PCQ), Éric Duhaime, a exclu de former un gouvernement de coalition. Il a toutefois indiqué qu’il était ouvert à des collaborations ponctuelles avec toutes les formations politiques.

Chez Québec solidaire (QS), la porte-parole Ruba Ghazal a réitéré voir une «bromance» entre les péquistes et les conservateurs.

Mme Fréchette a aussi maintenu son message de la veille: une «alliance souveraineté-austérité» entre MM. St-Pierre Plamondon et Duhaime est en train de se former.

«Quand je dis qu’il y a une sorte d'alliance, c'est que les compressions en termes de services au public semblent être un point de ralliement maintenant entre le Parti conservateur et le Parti québécois», a-t-elle affirmé.

Logements et achat local

QS a ramené l'enjeu du logement dans la campagne. Mme Ghazal a promis de construire 25 000 logements sociaux et de retirer 25 000 autres logements du marché afin d'offrir un total de 50 000 logements sociaux dans un premier mandat.

L'objectif est d'augmenter massivement l'offre afin de mettre une pression à la baisse sur les autres logements. La formation politique ne vise pas un modèle unique pour ces logements, mais bien différentes options, comme des coopératives, des OBNL ou des HLM.

La mesure est assortie d'une enveloppe annuelle de 400 millions $ qui serait consacrée au Programme de supplément au loyer, mais réservée aux 50 000 locataires de ces nouveaux logements hors marché, permettant à ceux-ci de ne pas consacrer plus de 25 % de leur revenu pour se loger.

À cela s'ajoute une promesse déjà connue d'instaurer un contrôle des loyers par le Tribunal administratif du logement et des hausses de loyers limitées à l'inflation avec un plafond de 3 %.

M. Milliard s'est pour sa part rendu à l’usine d’assemblage de camions PACCAR à Sainte-Thérèse, dans les Laurentides, afin de parler d'achat local. Depuis l’imposition de droits de douane de 25 % sur les importations de camions et de pièces de camions aux États-Unis en novembre dernier, PACCAR a perdu près de 70 % de sa production et a licencié près de 800 employés.

Dans ce contexte, M. Milliard estime que le gouvernement québécois a le devoir d'utiliser «les leviers» qu’il a à sa disposition pour acheter des camions faits au Québec. Le chef libéral a accusé la CAQ de ne pas avoir agi en ce sens.

À Coaticook, Mme Fréchette a présenté son plan économique, qui prévoit 1,2 milliard $ «d’interventions ciblées».

Figurent parmi les mesures proposées, 400 millions $ pour la formation et la requalification des travailleurs directement en entreprise, plus de 300 millions $ pour les régions productrices de ressources naturelles et 300 millions $ pour moderniser et développer les infrastructures portuaires du Saint-Laurent.

De son côté, M. St-Pierre Plamondon a promis de relancer le projet abandonné du REM de l’Est de Montréal sous une nouvelle mouture.

Le PQ veut confier le mandat de construction à CDPQ Infra, une filiale de la Caisse. Le but serait de relier la station de métro Honoré-Beaugrand à la Pointe-de-l’Île, et ensuite prolonger le projet vers Repentigny. Le projet a été abandonné en 2022.

Aussi de passage dans la métropole, M. Duhaime a fait une annonce sur le thème de l'équité intergénérationnelle. Le parti propose de «rétablir l’équilibre budgétaire sans refiler la facture aux jeunes».

Le PCQ a réitéré certains engagements, tels que d'économiser 47 milliards $ en cinq ans en coupant dans les dépenses de l’État, de baisser les impôts et les taxes devant redonner en moyenne 11 166 $ à un ménage québécois typique sur cinq ans, ainsi que de remettre une allocation de 100 $ par semaine, par enfant, aux familles qui gardent leurs bambins à la maison.

— Avec des informations de Stéphane Rolland, Thomas Laberge, Stéphane Blais et Pierre Saint-Arnaud de La Presse Canadienne

Frédéric Lacroix-Couture, La Presse Canadienne