Élection du PQ: Ottawa dit tendre la main dans un esprit de fédéralisme coopératif
OTTAWA — Le mot d'ordre donné au sein des rangs du conseil des ministres, à Ottawa, semblait décidément celui d'envoyer un message, mardi, de collaboration avec le premier ministre péquiste Paul St-Pierre Plamondon et son équipe, élus lundi soir au Québec.
«Nous avons discuté de la manière de collaborer, de travailler ensemble pour les Québécois et les Québécoises, et écoutez, c’est un point tournant pour le Québec, pour le Canada», a déclaré le premier ministre fédéral, Mark Carney, avant de rencontrer son conseil des ministres.
La ministre de l'Industrie et députée de la circonscription montréalaise d'Ahuntsic-Cartierville, Mélanie Joly, a assuré que le gouvernement est «de bonne foi». «Notre objectif est d'améliorer les conditions de vie des Québécois, améliorer leur pouvoir d'achat, être capable aussi de sécuriser leur emploi et d'en créer des nouveaux, a-t-elle dit. On sait que le potentiel économique au Québec est immense, mais il doit être développé.»
Le ministre de la Culture et de l'Identité canadienne, Marc Miller, a soutenu que c'est «son premier ministre du Québec» en tant que Québécois.
«Je lui tends la main pour travailler ensemble», a-t-il ajouté en mentionnant avoir connu M. St-Pierre Plamondon alors qu'ils étaient étudiants et, plus tard, quand ils travaillaient dans un cabinet d'avocats.
«Je l'ai toujours trouvé très intelligent, capable de se débrouiller et j'espère qu'il va se comporter ainsi. Évidemment, donnons la chance au coureur. Ils ont gagné et les Québécois s'attendent à ce qu'on travaille ensemble.»
Le lieutenant du Québec pour les troupes de M. Carney, le député de Louis-Hébert, Joël Lightbound, a noté que «c'est un gros changement à l'Assemblée nationale».
«On va tisser des liens avec les nouveaux ministres, avec le nouveau premier ministre, puis là où on peut s'entendre, on va le faire», a-t-il déclaré.
D'ailleurs, M. Carney a indiqué s'être entretenu avec celui qui se retrouvera à la tête d'un gouvernement minoritaire au Québec.
«Il n’y a pas une minute à perdre. Il faut avoir l’audace, il faut agir, il faut bâtir un Québec fort dans un Canada fort. Alors, mettre l’accent sur l’économie, des grands projets, oui, mais le logement, le logement abordable, l’infrastructure, le soutien des travailleurs et des travailleuses québécois, et en même temps, des priorités sociales, y compris la lutte contre l’itinérance», a-t-il énuméré.
Émilie Bergeron, La Presse Canadienne

