Affaire Galloway: Margaret Atwood souligne l'importance d'un procès équitable
TORONTO — Alors que Steven Galloway concluait son témoignage lors de son procès pour diffamation à Vancouver, à Toronto, l'autrice Margaret Atwood a réaffirmé sa position en tant que défenseuse du respect des garanties procédurales dans cette affaire.
Mme Atwood, qui recevait un prix lors d'un événement organisé par l'association Journalists for Human Rights, a évoqué sa décision de signer, en novembre 2016, une lettre ouverte demandant l'ouverture d'une enquête sur la manière dont l'Université de Colombie-Britannique avait géré l'affaire Galloway.
Mme Atwood a dû faire face à de vives réactions et à un examen minutieux de la part du public après avoir exprimé son soutien à l’ancien professeur de l’UBC, comparant les critiques en ligne à la Révolution française.
Steven Galloway, connu pour son roman primé «Le violoncelliste de Sarajevo», est actuellement au cœur d’un procès en diffamation contre plusieurs personnes qui, selon lui, auraient publié des allégations non prouvées d’agression sexuelle à son encontre.
Ce dernier a été licencié de l’UBC peu après que les rumeurs concernant ces accusations se sont propagées, fin 2015.
«Heureusement, je n’ai pas pu être renvoyé de l’université ni mise sur liste noire des festivals, a lancé Margaret Atwood dans son discours. Ou si ça a été le cas, je ne m’en suis pas aperçue.»
Elle a également fait référence à l’article 10 de la Déclaration universelle des droits de l’homme, qui énonce «le droit de toute personne à un procès équitable, public et impartial».
Elle a déploré la réticence des médias canadiens à couvrir cette affaire au cours des huit dernières années.
«Enfin, les médias canadiens en parlent après huit ans de quasi-silence», a-t-elle dit. «En tant que personne ayant été attaquée en ligne, dénigrée et ridiculisée pour avoir simplement demandé une enquête transparente s’appuyant sur les informations et les preuves fournies par l’Université de Colombie-Britannique, je suis heureuse de constater cela.»
Atwood a rédigé des articles d’opinion, dont le plus récent a été publié cette semaine dans le Vancouver Sun, pour soutenir Galloway. Elle a ajouté que les médias traditionnels sont confrontés à des pressions croissantes et à une baisse de leurs revenus, ce qui rend difficile de «se défendre contre les poursuites judiciaires».
«Cela les a rendus plus prudents», a-t-elle ajouté.
Atwood s’est également inquiétée du fait que les réseaux sociaux aient rendu le public plus méfiant envers la presse, et de la tendance croissante à croire tout ce qui est publié en ligne.
«Il existe un espace plutôt jeune où des informations ressemblant à des actualités peuvent apparaître et même être crues par les personnes peu méfiantes, a-t-elle soutenu. Comme vous le savez, cet espace, ce sont les réseaux sociaux.»
Parmi les personnes qui ont accusé Galloway figure un ancien étudiant, connu sous le nom d’A.B., qui a porté contre lui des accusations d’agression sexuelle qui se sont ensuite répandues sur les réseaux sociaux.
L'auteur était professeur titulaire et ancien directeur du programme d’écriture créative de l’UBC.
Un rapport rédigé par un ancien juge à la demande de l’université a conclu que les accusations portées contre lui étaient sans fondement.
Sadeen Mohsen, La Presse Canadienne

