Affaires

Nouvel espoir pour les pâtes et papiers

18 décembre 2013
Matthieu Max-Gessler
TROIS-RIVIÈRES - 

Kruger se tourne vers une technologie expérimentale pour tenter de relancer l’industrie des pâtes et papiers. L’entreprise a annoncé la création d’une usine-pilote à Trois-Rivières en partenariat avec FPInnovations pour trouver des façons de réduire ses coûts et ouvrir de nouveaux marchés, le 18 décembre dernier.

En plus des produits des pâtes et papiers traditionnels (papier journal, emballages, essuie-tout et papier toilette), Kruger affirme que cette technologie lui ouvrira d’autres marchés, notamment celui des pellicules d’emballage et de la construction.

«Nous croyons que l’industrie forestière doit continuer à se transformer pour assurer son avenir, entre autres à travers des technologies novatrices. Nous sommes confiants qu’au cours des trois prochaines années, nous allons montrer notre savoir-faire en développant de nouveaux paniers de produits avec un procédé développé ici, à Trois-Rivières», a souhaité Daniel Archambault, vice-président exécutif et chef de l’exploitation de la division des produits industriels de Kruger.

Cette usine aura une capacité de production de cinq tonnes par jour. Elle nécessitera des investissements de 43,1 millions de dollars. 10 M$ iront à l’aménagement des installations actuelles de Kruger pour l’accueillir et 25 M$ seront investis dans la recherche.

Les deux entreprises n’assumeront pas à elles seules les coûts de ce projet. Investissement Québec leur prête 11,25 M$ pour le réaliser. L’usine pilote reçoit également une subvention de 3,75 M$ du ministère des Ressources naturelles du Québec. Le ministère des Ressources naturelles du Canada injecte pour sa part 15 M$ dans le projet.

Un marché potentiel de 500 M$

Le projet de FPInnovation et de Kruger pourrait bien changer la donne dans le monde des pâtes et papiers à travers le Canada, qui vit de sombres moments depuis plusieurs années. En plus du marché des produits traditionnels de ce secteur, les partenaires voient un potentiel de 500 M$ dans le marché des produits plastiques remplaçables par la cellulose. Pierre Lapointe, président et chef de la direction de FPInnovations, refuse d’échapper ce marché aux mains de concurrents comme la Finlande, la Suède, le Brésil et la Chine.

«Pour nous, il est important de sécuriser l’ensemble de ces technologies et procédés. Nous avons cinq brevets, tant au niveau du processus que du produit, pour garantir le leadership de Trois-Rivières, du Québec et du Canada dans ce secteur-là», a-t-il indiqué.

Si les résultats sont au rendez-vous, Kruger pourrait créer une usine dédiée à la cellulose et qui pourrait créer de 100 à 200 emplois d’ici quelques années.