La menace d’un conflit de travail est écartée à l’Aluminerie de Bécancour. Ses quelque 900 travailleurs ont accepté le rapport de la conciliatrice du ministère du Travail déposé lundi.
Réunis en assemblées jeudi soir et vendredi matin, les travailleurs ont suivi les recommandations de leur comité de négociation. Celui-ci s’était montré d’accord avec le contenu du rapport, la direction de l’usine aussi.
Globalement, 77,5 % des travailleurs, représentés pas trois syndicats, se sont prononcés en faveur des nouvelles propositions. Le taux de participation est de 81 %.
Pour autant, le président du syndicat, Clément Masse, s’est dit heureux que les travailleurs aient un nouveau contrat de travail, mais déçu de ne pas avoir atteint tous les objectifs que le comité de négociation s’était fixés. « Nous n’avons pas réussi à rétablir l’indexation dans le régime de retraite », a-t-il noté.
Aussi, une soixantaine de postes seront abolis par attrition au cours des prochaines années, ce qui représente 8% des emplois à l’Aluminerie. « C’est le plus gros compromis que nous avons fait », a dit le président du syndicat. La direction visait l’abolition de 165 postes, a-t-il rapporté.
Les travailleurs ont toutefois réussi à obtenir des augmentations de salaire de 13% sur cinq ans.
La sous-traitance, une autre pomme de discorde au cours des négociations, sera désormais mieux encadrée, a affirmé M. Masse.
La nouvelle convention collective s’appliquera rétroactivement au 22 novembre 2012 et sera valide jusqu’en 2017.
Un conflit évité
Le spectre d’un conflit de travail planait au-dessus de l’Aluminerie de Bécancour depuis la venue à échéance de la convention collective, le 22 novembre dernier.
Depuis lors, la direction de l’usine avait le droit de déclencher un lock-out. Celle-ci avait aussi obtenu de la Commission des relations de travail une injonction pour faire cesser ce qu’elle qualifiait de ralentissement des opérations. Le syndicat, pour sa part, avait obtenu par vote de ses membres un mandat de grève à utiliser au moment jugé opportun.
Au cours des derniers mois, les négociations ont été ardues entre la direction et le comité de négociation délégué par les travailleurs. Le 5 février, la direction avait déposé une offre qualifiée de finale. Offre que le comité de négociation avait recommandé à ses membres de refuser.
C’est finalement l’intervention d’une conciliatrice du ministère du Travail qui a réussi à rapprocher les deux parties.