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20 septembre 2021 - 13:13

Cela affectera potentiellement 325 clients

Les doctorants en psychologie de l’UQTR boycotteront leurs cours, leurs stages et l’internat

Jean-Francois Desbiens

Par Jean-Francois Desbiens, Journaliste

L’Association des étudiants aux cycles supérieurs en psychologie de l’UQTR (AECSP) annonce que ses membres boycotteront leurs cours, leurs stages et l’internat ce mardi et mercredi.

102 doctorants de l’AECSP-UQTR n’offriront pas de service à la population, ce qui affectera potentiellement 325 clients, pour qui les services seront suspendus pendant ces deux jours.

Cette mobilisation vise à dénoncer les méthodes de rétention de la relève dans le réseau public utilisé par le Ministère de la Santé et des Services sociaux (MSSS).

Les membres de l’AECSP réclament une meilleure reconnaissance du travail rendu par les internes en psychologie dans le réseau public.

Une manifestation est prévue le 22 septembre à 11h00 devant le bureau du député provincial de Trois-Rivières, Jean Boulet, pour faire entendre les revendications des doctorants.

Selon les données dont la Fédération interuniversitaire des doctorants en psychologie (FIDEP) dispose, les méthodes de rétention employées par le MSSS ne fonctionnent pas. Ces méthodes s’appuient sur un critère d’obtention de la bourse d’internat, octroyée par le Ministère de l’Enseignement supérieur, soit celui de l’engagement professionnel.

Les internes en psychologie qui complètent leur internat dans le réseau public reçoivent une bourse de 25 000$ en échange d’un engagement professionnel de deux ans dans le réseau à la suite de leur diplomation ou de 150h de bénévolat dans le réseau.

Manque de 900 psychologues

Sur papier, cet échange semble être la solution à la crise de rétention de la relève en psychologie mais l'organisation rappelle qu’il manque actuellement 900 psychologues dans le réseau public.

Cependant, en réalité, cette méthode bloque la rétention de la relève en psychologie dans le réseau public. Les raisons sont nombreuses, allant de détails administratifs complexes, de considérations déontologiques à des questionnements d’ordre juridique.

La pertinence de cette méthode de rétention est questionnable puisque les doctorants en psychologie veulent travailler dans le réseau public après leur diplomation. Selon un sondage de la FIDEP effectué en 2020, plus de 75 % des doctorants choisissent le réseau public ou parapublic comme lieu de pratique après leur diplomation.

Cependant, les doctorants ne veulent pas y arriver en signant un contrat d’engagement qui les place dans le néant durant leur deux première années de pratique en tant que psychologues. En s’appuyant sur l’engagement professionnel des internes pour régler le problème de rétention dans le réseau public, le MSSS crée un système d’hameçonnage qui peut vite s'avérer abusif.

Mordre à l'hameçon

Les internes en psychologie sont pour ainsi dire les poissons qui mordent à l’hameçon du 25 000$ sans savoir qu’au bout de l’hameçon se trouve un contrat d’engagement flou et difficile à mener à terme.

En effet, jusqu’ici, plusieurs internes en psychologie qui ont signé le contrat n’ont pas été en mesure d’obtenir une réponse du CIUSSS auprès duquel ils.elles s’étaient engagé.es quant à la date de début du travail, l’emplacement ou les tâches qu’ils.elles auront à faire une fois leur diplôme obtenu.

Les contrats d’engagement sont si peu efficaces pour la rétention de la relève que près de 65% des internes en psychologie qui les ont signés n’envisagent pas rester dans le réseau public à l’échéance de leur contrat.

En somme, la FIDEP soutient qu’il est urgent que les méthodes de rétention de la relève changent, pour s’assurer que le problème d’accessibilité aux services psychologiques ne soit pas accentué plus qui ne l’est déjà. Les membres de l’AECSP demandent donc au premier ministre François Legault d’appliquer dès maintenant des changements dans les méthodes de rétention de la relève en psychologie.

Que le premier de ces changements soit de mettre fin à la signature des contrats d’engagement. La FIDEP a des solutions différentes à proposer pour faire face au problème de rétention de la relève en psychologie. 

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