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18 mars 2014 - 16:33

La formation inadéquate mise en cause par la CSST

Par Amélie Marcoux

TROIS-RIVIÈRES - 

La CSST pointe du doigt des lacunes importantes dans l’organisation du travail pour effectuer des vérifications sur les moteurs des meules autant du côté de Kruger Wayagamack que de Moteurs Électriques Laval ltée (M.E.L.), le sous-traitant pour lequel les deux victimes de l’accident travaillaient.

Lorsque l’électromécanicien pour l’entreprise Moteur Électrique Laval ltée (M.E.L.) se présente à l’usine Kruger Wayagamack le matin du 16 septembre 2013, c’est la première fois qu’il effectue lui-même la procédure de vérification de l’absence de tension sur le moteur d’une meule. Il a toujours assisté un autre électromécanicien de la compagnie qui a maintenant pris sa retraite. La manipulation de Conrad Asselin est fatale. Une violente explosion se produit. Il meurt quatre jours après l’accident et son collègue électromécanicien qui l’accompagnait est gravement brûlé.

Avant que l’électromécanicien de M.E.L. commence les travaux, l’électricien de l’usine Kruger Wayagamack avait préparé le terrain en commençant le processus de sécurisation de l’intérieur du cabinet électrique. Lui aussi effectuait ce type de travail seul pour la première fois.

L’inspecteur de la CSST, Denis Marchand, a relevé plusieurs anomalies dans la procédure, ce qui lui permet de conclure que «l’électricien ne maîtrisait pas la situation du tout et de toute évidence, n’avait pas la formation et l’entraînement requis pour sécuriser un cabinet électrique».

La CSST considère donc que «les entreprises Moteurs Électriques Laval ltée et Kruger Wayagamack ont agi de manière à compromettre la santé et la sécurité des travailleurs» en ne fournissant pas de formation adéquate aux différents travailleurs. Comme les électromécaniciens des deux compagnies effectuaient les manipulations pour une première fois, de graves erreurs en ont découlé. Les inspecteurs de la CSST ont donc conclu que c’est une série d’erreurs de procédures due à des formations inadéquates qui ont mené à l’accident. Pour la CSST, les entreprises sont donc à blâmer.

Amende et recommandation

La CSST a émis des constats d’infractions aux deux entreprises. À la suite de cet événement, la CSST a aussi interdit tout travail de vérification des moteurs des défibreurs en s’introduisant à l’intérieur d’un cabinet électrique. Une nouvelle procédure de travail a été exigée à l’usine Wayagamack avant d’autoriser la vérification des moteurs des défibreurs. L’usine Kruger Wayagamack a aussi dû se doter d’un programme de sécurité en matière d’électricité à la demande de la CSST.

 

Le dernier accident mortel à l’usine Kruger Wayagamack remonte aux années 90.

 

 

 

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